◈ PNJLe Marchand emprisonné
Le marchand mort des profondeurs de Mohgwyn, et la boutique qui n'a jamais ouvert

Le Marchand emprisonné
« Perle cinéraire d'un marchand emprisonné, trouvée sur sa dépouille. » Dans les profondeurs du Palais Mohgwyn, là où, selon la carte de la région, « dans les profondeurs obscures gisent les décombres d'une antique civilisation », une geôle abrite un marchand mort. Le Sans-éclat ne lui achètera jamais rien de son vivant. Sa boutique ne parvient au Bastion de la Table ronde que sous forme d'héritage, sa perle cinéraire présentée aux carcasses des Servantes jumelles comme celle de n'importe quel autre marchand disparu, et son étal lui survit. Ces deux lignes sont tout ce que le canon affirme : un marchand ; emprisonné ; mort. Tout le reste de la cellule est une question, qui enferme un marchand dans la plus profonde tombe de l'Entre-terre, et pourquoi ?
Le texte du jeu rend la cellule plus étrange encore. Un script de boutiquier complet existe pour le Marchand emprisonné, accueil, vente, remerciement, adieu, écrit dans une voix brisée par un long désœuvrement : « Hm ? Oh… Un… client… ? » ; « Rebonjour… Cher… client… » ; « À… bientôt… » Et, d'un ton plus assuré : « Ça alors… Il y a bien longtemps que je n'ai plus eu de client. Que puis-je faire pour vous, aux confins de ce monde ? », « Il est bien difficile d'aller à l'encontre de sa nature. » Ces répliques ont été écrites, traduites et livrées avec le jeu ; aucun client ne peut jamais les déclencher. Toute la vie de labeur d'un marchand attend derrière les barreaux, adressée à personne.
Quand le script devient hostile, le prisonnier nomme les siens. « Éloignez-vous ! Nous autres, vagabonds, en avons assez. Comment osez-vous nous bafouer ? », « Ne vous a-t-on jamais mis en garde ? Contre l'implacable courroux des vagabonds ? » Il parle comme l'un des marchands nomades, ces vendeurs itinérants qui « formaient autrefois la florissante Grande caravane » avant que, « accusés de croyances hérétiques », « leur clan tout entier fut rassemblé et enseveli vivant ». Replacée dans cette histoire, sa geôle ressemble moins à une anomalie qu'à la même persécution poursuivie corps après corps : un vagabond arraché aux routes et scellé sous terre, exactement comme le fut son clan.
L'emplacement de la cellule appelle une seconde lecture, plus sombre. Le Palais Mohgwyn est le domaine de Mohg, Mohg le réprouvé, jadis enfermé sous Leyndell dans la Prison souterraine des parias, et les Réprouvés sont l'autre peuple enterré de ce monde. La Poupée royale de Réprouvé décrit leur sort en des termes qui pourraient légender la geôle du marchand : lorsque des Réprouvés naissent au sein de la royauté, on ne leur coupe pas les cornes, « on préfère les cacher sous terre, sans révéler leur existence à quiconque, emprisonnés pour l'éternité ». Ceux qui ont examiné la silhouette inutilisée du marchand dans les fichiers du jeu, une observation tirée du modèle, non du texte, décrivent un corps massif et difforme, semblable à celui d'un Réprouvé. De là est née la célèbre théorie, à prendre comme telle : le Marchand emprisonné serait un Réprouvé, deux fois damné, persécuté comme vagabond, enfermé pour ses cornes.
Même sa mort scriptée est douce avant d'être terrible. Frappé, il ne maudit pas d'abord son assassin : « Pourquoi… ? Cher… monsieur… Madame… Vous avez toujours été… si sympathique… » Poussé à bout, la courtoisie s'effondre en une formule que son clan reconnaîtrait : « Puissiez-vous disparaître avec le reste… » Faire disparaître, c'est précisément le vocabulaire de la Flamme exaltée, la prière prononcée devant la porte des Trois Doigts réclame « une Flamme exaltée pour faire disparaître les malédictions, la souffrance et le désespoir. Et l'Ordre tout entier ». Qu'un vagabond enterré meure en retrouvant la formule exacte de la Flamme exaltée relève soit de la coïncidence d'écriture, soit de la malédiction de désespoir de la Grande caravane, encore vivante dans une dernière gorge. Sa réplique la plus discrète est peut-être la plus vraie de toute la cellule : « Je ne désirais que la solitude… »
Perle cinéraire d'un marchand emprisonné, trouvée sur sa dépouille. À présenter aux carcasses des Servantes jumelles se trouvant au Bastion de la Table ronde pour accéder à de nouveaux objets.
Mm? Ohh... A...custom...er? Hello...again... G-good...customer... Till nex...t-time... Well… It's been an age since I've seen a customer. How can I help, here at the end of the earth? Divorce from one's trade does not come easily. Stay away, Us wanderers have had enough. How dare you trample us. You've never heard? Of the swiftness of a wanderer's fury. But, why...? Kind...sir... Madame... You've always... been...too kind... Melt away with the rest of it... All that I wanted was solitude…
Atours des marchands nomades ornés de minuscules gemmes de toutes les couleurs. Ces vendeurs itinérants formaient autrefois la florissante Grande caravane. Or, lorsqu'ils furent accusés de croyances hérétiques, leur clan tout entier fut rassemblé et enseveli vivant. Dans les affres de leur désespoir, ils entonnèrent une malédiction et invoquèrent ainsi la Flamme exaltée.
Poupée représentant un enfant de la lignée royale de l'Arbre-Monde frappé par la malédiction. Consomme des PC pour libérer de nombreux spectres qui traquent vos adversaires. Lorsque des Réprouvés naissent au sein de la royauté, on ne leur coupe pas les cornes. On préfère les cacher sous terre, sans révéler leur existence à quiconque, emprisonnés pour l'éternité. Ces fétiches commémoratifs sont façonnés en secret.
Carte du Palais Mohgwyn et de ses alentours. Dans les profondeurs obscures gisent les décombres d'une antique civilisation. C'est en ces lieux que Mohg, seigneur du sang, bâtit son palais, qui doit servir de siège à sa future dynastie, les Mohgwyn. Et aux atrocités qu'elle commettra.
O Three Fingers, throw wide the door. Please, bestow unto me the yellow flame of chaos. A frenzied flame to melt away the curses, suffering, and despair. And the Order, entire. May chaos take the world.


